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La justice statue bientôt sur les 271 dessins aux mains de l’électricien

Le 6 février 2015, catégorie : Picasso Administration.

Carnet, mars 1924 @Succession Picasso

Carnet, mars 1924 @Succession Picasso

En 2010, les époux Le Guennec ont contacté Claude Picasso pour faire authentifier un ensemble d’œuvres en leur possession. Une démarche qui est nécessaire avant toute mise en vente. Les retraités sont donc reçus à Paris par Claude Picasso qui découvre un ensemble majeur d’œuvres de 1900 à 1932 (dessins, études, toiles, lithographies, carnets de dessin, collages cubistes), ensemble d’autant plus exceptionnel qu’il n’en est fait mention nulle part dans l’importante documentation existante.
Pierre Le Guennec était électricien et il a réalisé divers travaux à la villa Notre-Dame de Vie, à Mougins où s’était établi Pablo Picasso à la fin de sa vie. L’artiste vivait alors avec Jacqueline et, c’est des mains de cette dernière ou bien de celles de Picasso, que Pierre Le Guennec affirme avoir reçu le don de 271 dessins, ses souvenirs restant assez confus sur les circonstances exactes.
Plusieurs éléments mettent en doute la version de l’électricien. Lorsque Picasso faisait des dons, les dessins étaient dédicacés, signés, personnalisés et jamais il ne se serait séparé de ces carnets, instruments essentiel à l’élaboration de son travail. Par ailleurs, Catherine, la fille de Jacqueline, qui a connu l’électricien affirme qu’il ne faisait pas partie des intimes et explique que jamais sa mère n’aurait donné des œuvres de Picasso. Quant au parquet, il trouve suspect que les époux aient attendus 40 ans pour parler de ce trésor.
La succession Picasso a déposé plainte pour recel le 23 septembre 2010.
Concomitamment, le 9 décembre 2010, la «collection de Madame B.» est mise aux enchères à Drouot. L’Office Central de lutte contre le trafic des Biens Culturels découvre qu’elle appartenait à la veuve de Maurice Bresnu, un chauffeur dont les Picasso utilisaient les services. Il est alors révélé que madame Bresnu était la cousine de Pierre Le Guennec. Or cette proximité a été dissimulée au juge.
L’instruction a été clôturée en avril dernier. Devant le tribunal correctionnel de Grasse, les époux Le Guennec doivent répondre de l’accusation de recel. La juge considère que tout démontre que le couple a «sciemment caché l’existence de ces œuvres, attendant le moment propice pour les faire sortir au grand jour (…) Il importe peu que l’auteur du vol n’ait pas été identifié. Pierre et Danielle Le Guennec en connaissaient l’origine frauduleuse», conclut-elle..