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Le Harem (1906)

Le 17 juin 2015, catégorie : Comprendre la peinture.

harem

La toile met en scène six personnages dans une salle vide, aux murs et au sol d’un rose poudré presque vaporeux. Au premier plan, un homme est appuyé contre le mur, cuisses écartées, tenant un porrón d’une main ; il regarde quatre femmes nues, occupées à leur toilette. Dans le fond de la pièce, une femme âgée surveille la scène. L’atmosphère est détendue, les corps se font langoureux. Les couleurs chaudes dominent largement, contrastant avec les toiles de la période bleue. Les corps sont traités de façon réaliste, apportant une certaine fraîcheur aux figures féminines et une sensation de majesté à l’homme assis. La composition est rythmée par une diagonale montante vers la gauche, emmenée par le regard masculin qui frôle les têtes de deux jeunes femmes vers celle qui s’étire délicatement.

Différentes sources sont évoquées pour l’inspiration de cette œuvre. Pierre Daix a souligné le premier l’intérêt de Picasso pour le Bain Turc d’Ingres, exposé au Salon d’Automne de 1905. Toutefois, le luxe présent dans l’œuvre du maître est absent chez l’espagnol. La référence à Degas et à ses pastels de Femme au tub vient alors à l’esprit. Conxita Boncompte évoque d’autres sources, sous l’influence du monde classique et de ses religions. En effet, Picasso étudie depuis un an des modèles de fresques pompéiennes, dont il reprend la palette chromatique. L’élément déclencheur se révèle être la vente aux enchères des fresques de la villa pompéienne de Boscoreale à Paris.

En mai 1906, Picasso, accompagné de Fernande Olivier, arrive à Gósol, un village niché dans les Pyrénées espagnoles. Le Harem permet à Picasso de réunir tous les dessins préparatoires inspirés par Fernande dans leur intimité, notamment lors de la toilette. Le dédoublement des gestes est possible grâce à la juxtaposition de quatre « Fernande ». Josep Palau i Fabre nomme notamment cette disposition comme « la grande chanson du corps de Fernande ».

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