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Guillaume Apollinaire

Le 19 mai 2016, catégorie : Les expositions.

20248Le musée de l’Orangerie, avec l’aide de Laurence des Cars, Claire Bernardi et Cécile Girardeau porte un nouveau regard sur le poète et critique d’art que fut Guillaume Apollinaire. C’est l’univers mental, mais également esthétique d’Apollinaire qui est exploré au fil des salles.
Cette exposition permet de rendre hommage à un critique d’art fécond, témoin des révolutions artistiques de son temps et influent au sein de l’avant-garde. Lorsque le spectateur entre dans la salle, c’est par la voix du poète clamant les vers de Le Pont Mirabeau qu’il est accueilli, grâce à un enregistrement de la Sorbonne de 1914. Mais si les œuvres les plus connues rattachées à Apollinaire sont évidemment présentes, le spectateur peut découvrir d’autres documents, qui permettent de le découvrir sous un angle différent, au-delà de l’auteur des calligrammes et d’Alcools. Il est davantage présenté comme éditeur de textes divers – allant de rééditions jusqu’à ses textes originaux. Sous cette lumière, Apollinaire apparaît alors comme un homme entreprenant, sûr de ses opinions et actif, aux projets toujours plus importants. Attaché aux expérimentations modernes, c’est en tant que mécène qu’on le perçoit, lorsque l’on constate les différents essais de ses amis-artistes pour illustrer ses textes. Mais c’est toujours avec un regard libre qu’il s’attache à présenter son avis ; sur le cubisme, avec les Méditations esthétiques, mais également pour le fauvisme ou l’orphisme. Son goût pour l’éclectisme, qu’il partage avec son ami Picasso, l’amène vers les arts du cirque ou le cinéma ; les arts de l’Afrique, vus à l’époque comme un simple exotisme, l’intéressent autant que le Moyen-âge, comme en témoigne le livre publié en 1909 avec Derain L’Enchanteur pourrissant. Il cultiva également un certain goût pour la dérision et la trame ludique avec son ami Alfred Jarry. Les photographies et vidéos de son appartement au 202, boulevard Saint-Germain prouvent son attachement, sans hiérarchie, pour toutes ces formes d’expression différentes. L’amitié entre Apollinaire, Picabia et Duchamp est explicitée, tandis qu’une salle est dédiée à la relation avec Paul Guillaume, de onze ans son cadet et au rôle que joua Apollinaire dans sa jeune carrière prometteuse.
Une mention spéciale est à accorder à la partie traitant des avant-gardes – dont la qualité et la diversité des œuvres présentées sont indéniables – et à celle sur Picasso, particulièrement réussie.
En effet, le lien entre Apollinaire et Pablo Picasso est magnifiquement mis en avant, au travers d’objets et d’œuvres qui racontent l’histoire de leur amitié et de leurs goûts communs en matière d’art. On notera la surprenante apparition des trois têtes ibériques volées du musée du Louvre, ayant fait scandale en 1911 et qui permettent d’entrapercevoir les visages anguleux des futures Demoiselles d’Avignon. Cette partie de l’exposition fait élégamment le lien avec « Picasso. Sculptures » au Musée Picasso national de Paris, partenaire de l’évènement et esquisse l’estime que Picasso aura pour son ami jusqu’à la fin de ses jours.
Sa devise « J’émerveille » convient parfaitement pour définir cette exposition flamboyante – présentée jusqu’au 18 juillet 2016 –, qui rend un hommage particulièrement réussi à un homme qui a tant fait pour son époque et ses amis artistes.

 

Musée de l’Orangerie , Paris jusqu’au  18  juillet  2016

Sainte Apollinaire, 1905 Gouache et encre sur la partie réservée à la correspondance d’une carte postale Muséee National Picasso Paris